DIPLOMATIE
La croisade du consul
( Knack - 30/10/2002 au 4/11/2002 )


Le consul-général belge à Lubumbashi ne témoigne pas d’une grande finesse diplomatique.

L’opposition Flamands/Wallons de notre pays n’est rien comparable aux dissensions qui sapent la communauté belge de la ville minière congolaise de Lubumbashi. Il y a, d’une part, les partisans de l’homme d’affaires Georges Forrest et, d’autre part, ceux de Dirk Verheyen, sur place depuis deux ans en tant que consul-général. Les deux clans ne se parlent plus depuis que Dirk Verheyen se positionne comme le principal canal d’informations par lequel les ennemis de Forrest répandent leurs sales histoires dans les documents diplomatiques et officiels, sans que le consul-général ne prenne la peine d’également rapporter la version des faits de M. Forrest.

Conséquence : lors de la dernière fête nationale, il n’y avait qu’une minorité de Belges présents à la cérémonie organisée par le consulat.

Dirk Verheyen est veuf et relativement jeune, et il s’est fait une obsession de M. Forrest. Sa croisade ne se distingue ni par sa consistance, ni par sa cohérence. Il a, par exemple, affirmé que M. Forrest employait uniquement des secrétaires blanches, alors que c’est faux. La manière dont il décrit le jumping organisé par M. Forrest ("un événement digne de l’époque de l’apartheid en Afrique du Sud") est erronée : la jet-set de Lubumbashi comprend autant de noirs que de blancs.

Il fait référence à un audit de la Banque mondiale, dans lequel la position de M. Forrest à la tête de Gécamines est remise en question, mais il s’avère qu’il s’agit d’un audit interne congolais. Dans le feu de son discours, il oublie qu’au moment du triomphe de Laurent-Désiré Kabila, M. Forrest n’était pas encore le patron de Gécamines. Il fait régulièrement référence au fait que les syndicats ont lutté de manière très active contre M. Forrest, mais il omet, sciemment ou non, de parler des récents procès-verbaux dans lesquels le ministère public katangais démontre que les représentants syndicaux étaient payés par des concurrents de M. Forrest pour entreprendre des actions. Et ainsi de suite.

Monsieur Verheyen ne parvient même plus à conserver la réserve indispensable à sa fonction diplomatique lors des dîners qu’il organise dans sa propre résidence. Récemment, devant un parterre abasourdi de congolais et de belges, il a traité de tous les noms un visiteur, parce que ce dernier ne partageait pas sa vision des choses à propos de M. Forrest.